DICK RIVERS           BIOGRAPHIE

 

LE ROCKEUR QUI VENAIT DE NICE


L’ÉLÉGANCE DU ROCK À LA FRANÇAISE

Avec sa banane gominée, sa voix chaude et son regard de dandy rebelle, Dick Rivers a incarné pendant plus d’un demi-siècle le rock’n’roll à la française. De Nice à Austin, des Chats Sauvages à Mister D, il a traversé les modes sans jamais trahir ses racines.

Voici la biographie illustrée d’un artiste rare, passionné et profondément sincère.


NICE, LE CINÉMA AMÉRICAIN
ET LA NAISSANCE D’UNE VOCATION (1945–1959)

Un enfant du Vieux Nice


Né Hervé Forneri le 24 avril 1945, fils unique d’un couple de bouchers niçois, il grandit dans le Vieux Nice, entre les étals et les films américains projetés au Cinéac. Les marins américains de Villefranche-sur-Mer lui font découvrir les juke-box et les disques venus d’outre-Atlantique.

Le choc Elvis Presley

À douze ans, il entend Heartbreak Hotel. C’est une révélation. Il adopte le look, la gestuelle, la passion du rock’n’roll. Son pseudonyme viendra plus tard du personnage Deke Rivers joué par Elvis dans Loving You.

« Elvis m’a montré la voie. J’ai compris que ma vie serait sur scène. »


LES CHATS SAUVAGES :
LA DÉFERLANTE ROCK (1960–1962)

Un groupe, un nom, une attitude


En 1961, Hervé devient Dick Rivers et fonde avec les frères Roboly le groupe Les Chats Sauvages. Leur rock nerveux et leurs adaptations américaines font sensation.

Les tubes s’enchaînent :
Twist à Saint-Tropez
Est-ce que tu le sais ?
C’est pas sérieux.

Les fans se déchaînent, les salles sont pleines, les journaux s’emballent. Les Chats Sauvages deviennent les rivaux des Chaussettes Noires d’Eddy Mitchell.

Un départ en pleine gloire

En 1962, Dick quitte le groupe pour se lancer en solo. Un choix audacieux, mais visionnaire.


L’ASCENSION SOLO :

LE ROCKEUR CROONER (1962–1979)


Les années 60 : la voix grave qui séduit
Son premier album, Baby John, sort en 1962. Dick devient un maître des adaptations :
Tu n’es plus là (Blue Bayou)
Va t’en, va t’en (Go Now)
Rien que toi
Il part en tournée au Canada, obtient un disque d’or en 1967, et enregistre même aux États-Unis.

Les années 70 : collaborations majeures

Dick Rivers s’entoure de talents :
Alain Bashung (trois albums ensemble)
Didier Barbelivien
Mike Shannon
Il explore la country, le blues, la variété, sans jamais renier le rock.
« Je ne suis pas un imitateur. Je suis un passeur. »


LE TEXAS, LES STUDIOS MYTHIQUES
ET LA MATURITÉ (1980–2000)

Retour aux racines américaines


Dans les années 90, Dick réalise un rêve :

Enregistrer au Texas, à Austin, un hommage à Buddy Holly : Holly Days in Austin (1991).
Il fréquente les studios mythiques :
Muscle Shoals (Alabama)
Abbey Road (Londres)
Bogalusa (Louisiane)

Un artiste respecté


Il devient une figure incontournable :
Emissions de radio
Théatre

Livres
Tournées internationales
Il mène même une seconde carrière au Québec, où il est très populaire.


LA NOUVELLE GÉNÉRATION
ET LE RENOUVEAU (2000–2015)

Un album moderne et audacieux

En 2006, Dick surprend en collaborant avec :
Benjamin Biolay
Matthieu Chedid (M)
Mickey 3D
L’album Dick Rivers modernise son image et lui attire un public plus jeune.

50 ans de carrière

En 2011, il célèbre son jubilé avec :
l’album Mister D
un livre d’entretiens
une tournée triomphale (Casino de Paris, Olympia…)


LES DERNIÈRES ANNÉES
ET LA DISPARITION (2015–2019)


Une chute en 2015 l’oblige à ralentir. Il continue néanmoins d’enregistrer et de travailler sur de nouveaux projets.
Dick Rivers meurt le 24 avril 2019, le jour de ses 74 ans, des suites d’un cancer. La France perd l’un de ses pionniers du rock.

 

CE QUE DICK RIVERS LAISSE À LA MUSIQUE

Une discographie monumentale
33 albums studio
3 albums live
des centaines de chansons
des collaborations prestigieuses
Un style unique
Une voix chaude et grave
Une élégance naturelle
La fidélité absolue au rock’n’roll

Un pionnier

Avec Johnny Hallyday et Eddy Mitchell, il a introduit le rock en France.


UN DANDY, UN PASSIONNÉ, UNE LÉGENDE

Dick Rivers n’a jamais cherché la facilité. Il a suivi sa route, fidèle à Elvis, fidèle au rock, fidèle à lui-même.
Son élégance, sa voix et son exigence artistique en font l’un des artistes les plus singuliers de la scène française.
Collaboration et influences Dick Rivers a collaboré avec les plus grands noms de la chanson française et internationale, mêlant rock, blues, country et variété.
Ses influences vont d’Elvis Presley à Buddy Holly, en passant par Gene Vincent et Johnny Cash,
tandis que ses collaborations s’étendent de Bashung à Biolay, Cabrel et Jean Renard.
« Je me considère comme un éternel débutant. Toute ma vie, j’ai voulu apprendre. » — Dick Rivers


Collaborations artistiques marquantes

Années 1960–1970 : les fondations
Jean Renard :

Auteur-compositeur et producteur, il signe avec Dick des titres emblématiques comme Brother Jack et Pas très jolie. Leur complicité artistique mêle modernité et respect des racines rock .
Alain Bashung :

Véritable “frère de musique”, il coécrit et produit plusieurs albums dont Rock & Roll Star (1974). Leur travail commun explore la frontière entre rock et poésie .
Années 1980–1990 :

L’ouverture internationale
Francis Cabrel :

Partenaire sur scène et en studio, notamment pour le Rock’n’Roll Show de 1990 et l’album Holly Days in Austin enregistré au Texas sous le parrainage de Paul McCartney
Golden Gate Quartet et Liane Foly :

Participations vocales sur des projets collectifs célébrant le rock et la soul.
Bill Baxter et Félix Gray :

Collaborations ponctuelles sur des titres pop-rock dans les années 1980.


Années 2000–2010 :

 

Le renouveau


Benjamin Biolay, Matthieu Chedid (M) et Mickey 3D :

Apportent une touche moderne à l’album Dick Rivers (2006).
Jean Fauque et Oli Le Baron :

Auteurs et compositeurs de Mister D (2011), album introspectif et élégant.
Joseph d’Anvers :

Collaborateur sur Rivers (2014), aux côtés de Francis Cabrel et du producteur Daniel Lanois


L’esprit d’interprète


Dick Rivers revendiquait son rôle d’interprète avant tout :
« Il n’y a pas assez d’interprètes dans la chanson francophone. J’aime m’approprier les textes sans les corriger. »
Cette philosophie explique la richesse de ses collaborations : il savait écouter, comprendre et sublimer les mots des autres.


Un passeur entre deux mondes


Dick Rivers fut un pont entre la France et l’Amérique, entre la tradition du rock’n’roll et la chanson d’auteur. Son héritage repose autant sur ses rencontres artistiques que sur sa curiosité musicale. De Bashung à Biolay, de Presley à Cabrel, il a su unir les générations autour d’une même passion : le rock sincère et élégant.


DUOS MYTHIQUES & RENCONTRES LÉGENDAIRES


1. Dick Rivers & Alain Bashung — La fraternité électrique (1972–1974)
Style : rock poétique, arrangements nerveux Bashung, encore inconnu du grand public, devient l’un des collaborateurs les plus importants de Dick. Ensemble, ils signent trois albums visionnaires, dont Rock & Roll Star, où l’on sent déjà la patte sombre et élégante de Bashung.
« Avec Dick, j’ai appris la précision. Il savait exactement ce qu’il voulait. » — Alain Bashung
Impact : une fusion rare entre rock américain et écriture française moderne.


2. Dick Rivers & Francis Cabrel — L’amitié du Sud (années 1990–2010)
Style : folk-rock, douceur acoustique Cabrel admire Dick depuis longtemps. Leur complicité se renforce lors du Rock’n’Roll Show (1990) et sur plusieurs projets ultérieurs. Cabrel participe aussi à l’album Rivers (2014), apportant une touche folk lumineuse.
« Dick avait une élégance naturelle. Une vraie classe. » — Francis Cabrel
Impact : une rencontre entre deux amoureux des États-Unis, chacun à sa manière.


3. Dick Rivers & Benjamin Biolay — Le renouveau moderne (2006)
Style : pop orchestrale, rock feutré Biolay réinvente Dick Rivers avec un son contemporain, des cordes, des guitares feutrées et une production très cinématographique. L’album Dick Rivers marque un tournant : le public redécouvre un artiste moderne, audacieux, presque indie.
« Je voulais montrer que Dick était bien plus qu’un rocker vintage. » — Benjamin Biolay
Impact : un retour critique salué, une nouvelle génération conquise.


4. Dick Rivers & Matthieu Chedid (M) — L’énergie créative (2006)
Style : rock alternatif, groove électrique Chedid apporte son grain de folie, ses riffs nerveux, son sens du rythme. Leur collaboration donne des titres vibrants, où la voix grave de Dick se mêle à l’univers fantasque de M.
Impact : un choc esthétique, une rencontre entre deux mondes qui se respectent.


5. Dick Rivers & Les Chats Sauvages — Le mythe fondateur (1961–1962)
Style : rock’n’roll pur, twist, énergie brute Le premier groupe de Dick reste une légende. Leur courte aventure a suffi à poser les bases du rock français.
« On ne savait pas qu’on écrivait l’histoire. On voulait juste jouer fort. » — Dick Rivers
Impact : l’acte de naissance du rock hexagonal.


6. Dick Rivers & Buddy Holly (hommage) — Le rêve texan (1991)
Style : rock mélodique, son américain authentique Dick enregistre Holly Days in Austin au Texas, dans les conditions d’époque. Un hommage vibrant à son idole, soutenu par des musiciens locaux et salué par la critique.
Impact : l’album le plus personnel de sa carrière, un retour aux sources.

 


LES INFLUENCES QUI L’ONT CONSTRUIT
Influences américaines
Elvis Presley
Buddy Holly
Gene Vincent
Johnny Cash
Roy Orbison
Influences et compagnons de route
Johnny Hallyday
Eddy Mitchell
Michel Mallory
Jean Renard

 

  

La derniére mise à jour de cette page date du 08/04/26

 

 

                                                                                                                       

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